Chemins de fer vaudois

train-leb-dessinL’ensemble du réseau vaudois compte 600 kilomètres de voies desservies par 280 stations (en 1924) ; à titre de comparaison, la ligne Paris-Lausanne compte 833 kilomètres. La première ligne ouverte à la circulation a été celle d’Yverdon à Bussigny en 1855, la dernière, celle d’Aigle aux Diablerets, en 1914.

La patrie vaudoise était dotée à l’époque romaine déjà d’un réseau de routes, si l’on croit les pierres qui marquaient les distances. La carte, dressée vers l’an 400, par le cosmographe Castarius – Table de Peutinger - indique les voies en territoire vaudois allant de Villeneuve (Penolocus) à Nyon (Noviodunum), une autre de Vevey (Visiscum) sur Avenches (Aventicum). D’Yverdon (Eburodunum) partaient trois routes, l’une sur Avenches, l’autre sur Neuchâtel (Néocomun), la troisième sur St-Croix (Abilica). De Lausanne à Vallorbe

Les autorités fédérales chargèrent deux ingénieurs anglais de présenter un rapport qui fut publié en 1850 et dont les conclusions furent de préconiser une grande ligne par les lacs du Jura, les vallées de l’Aar et de la Limmat s’étendant du côté de Zurich au lac de Constance, de l’autre de Soleure au Léman. La ligne passant par l’ouest de Fribourg, elle ôte à cette dernière d’être reliée directement à Lausanne. L’utilité d’une ligne de Berne à Fribourg n’était pas jugée utile à cause de ses coûts énormes.

A la suite de ce rapport, le Conseil fédéral proposa aux Chambres, en 1851, le projet d’arrêté suivant des lignes principales :

  • Ligne d’Yverdon à Soleure, avec embranchement sur Berne (le reste de l’arrêté concerne la suisse allemande)
  • La ligne de Genève à Yverdon par Morges, avec embranchement sur Ouchy

La première concession vaudoise fut accordée en 1852 à M. Sulzberger, ingénieur, qui la céda à la Compagnie de l’Ouest-Suisse, pour une ligne à construire d’Yverdon à Morges, par Bussigny. Le projet fut réalisé par l’ingénieur William Fraisse, de Lausanne et qui devint la base de notre réseau vaudois.
En 1853, une deuxième concession fut accordée à la même compagnie, de Morges à Versoix, limite cantonale et d’Yverdon à Berne par Payerne et Morat et enfin de Jougne à Massongex du Valais, par Lausanne. En 1856, une concession fut encore accordée d’Yverdon à Vaumarcus, frontière neuchâteloise.

Les lignes furent rapidement construites et les tronçons suivants furent mis en service :
- 1er mai 1855 ;  Yverdon – Bussigny
- 1er juin 1855 ; Bussigny – Renens-Lausanne
- 14 avril 1858 ; Morges – Versoix
- 21 août 1858 ; Coppet – Versoix
- 7 novembre 1859 ; Yverdon – Vaumarcus
- 1er novembre 1860 ; Bex – St-Maurice
- 2 août 1861 ; Lausanne – Villeneuve
- 4 septembre 1862 ; Lausanne – Fribourg – Berne
Toutes ces lignes sont à voie normale avec un longueur de 150 kilomètres et ont coûté 75 millions.

Conflit de la ligne d’Oron (Lausanne – Fribourg – Berne)

Le gouvernement fribourgeois voulait exiger de la Compagnie de l’Ouest-Suisse qu’elle fit passer la ligne par la capitale mais celle-ci s’y refusa, vu la dépense trop élevée et elle commença la construction de deux ponts en direction de Payerne afin de ne pas laisser la concession se périmer. Malgré cela, le Conseil fédéral déclara la concession périmée, malgré les vives protestations du Conseil d’Etat vaudois. Ce dernier tenait à tout prix à la ligne via Payerne.
Une conférence eut lieu à Berne entre les cantons intéressés mais l’on ne put pas s’entendre ; les esprits se sont singulièrement échauffés : on parlait même de guerre civile ! A Fribourg, on considérait la ligne d’Oron comme « ligne catholique », celle de Morat comme « ligne huguenote », les passions religieuses se réveillèrent.
De très longues discussions, d’antagonismes et de palabres au niveau fédéral avec les participations des cantons de Fribourg, de Vaud et de la Ville de Lausanne aboutirent à la signature le 27 juin 1856, d’une convention entre la Municipalité de Lausanne et Fribourg pour une subvention de 600'000 frs à Fribourg à ce projet.
Lien "Le Conflit de la ligne de l'Ouest"

Source : Notice historique par J. Landry - publié dans le Journal d'Yverdon en 1924

 

 

 

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