1476 Batailles de Grandson et de Morat

Charles le Hardi, au faîte de sa puissance veut venger le comte de Romont - Il réunit son armée à Besançon le 22 janvier 1476 tandis que le comte de Romont chasse les Bernois du Pays de Vaud - Un bon accueil est fait par les Vaudois aux troupes du duc - les Bourguignons massacrent les Bernois lors de la prise de Grandson - L’armée des Suisses mène une contre-offensive et met en déroute les Bourguignons le 2 mars 1476- Le duc se retire en Franche-Comté - Assoiffé de vengeance, il lève une nouvelle armée – Il assiège Morat – Bataille et anéantissement des Bourguignons – Commencement de la conquête bernoise

Charles le Téméraire - Charles-le-Hard -" en raison du caractère démesuré de ses ambitions, n’était point homme à laisser maltraiter un allié ; la défaite du comte de Romont avait encollée le duc de Bourgogne. Rien ne résistait à ses armes : tout pliait devant lui. Vainqueur, il dictait la paix et concluait des trêves avec Louis XI, l’archiduc d’Autriche ; seuls les Suisses lui résistaient.
Le trajet de Charles le Téméraire
Le trajet de Charles le Téméraire

Charles réunit son armée à Besançon, cité impériale, le 22 janvier 1476 et de là envoya quelques mille homme au comte de Romont et en quelques jours, ce troupes grossies de quatre mille hommes du Jura, chassent du Pays de Vaud les Bernois ou leurs fonctionnaires. En moins de quinze jours, les Suisses sont chassés de leurs conquêtes, seul Grandson reste aux mains des Suisses. Les populations vaudoises accueillent le duc de Bourgogne avec allégresse et le libérateur et vengeur des maux dont ils souffraient. L’armée bourguignonne avec ces renforts atteignait environ trente mille hommes et marcha sur Grandson.

L’assaut fut donné et la ville emportée le 28 février ; la garnison se rendit et trois cents hommes furent impitoyablement pendus et noyés.
Cependant, le 2 mars l’armée du duc, forte de trente mille hommes s’avance dans la direction de Neuchâtel, mais à peine a-t-elle dépassée Concise que les 20'000 mille Confédérés, ulcérés par le massacre de Grandson attaquent. À l'artillerie et aux archers bourguignons répondent les couleuvrines de Berne. Lorsque la cavalerie bourguignonne charge, les Suisses se disposent en carré avec des piques de 6 m de long que les lances de 4 m de leurs adversaires ne peuvent atteindre.
Après 3 heures de combats, alors que les Suisses faiblissent, Charles le Téméraire décide de faire reculer ses troupes pour attirer les Suisses en plaine. Cependant les Bourguignons se méprenant sur les choix de leur commandement, croient à la retraite et paniquent. Au même moment de nouvelles forces suisses arrivent en prenant à revers. Les meuglements sauvages du « Taureau d’Uri » et de la "Vache d'Unterwald" remplissent les Bourguignons d'une terreur irraisonnée.
Le camp de Grandson est abandonné et les Confédérés reprirent le Château. Bijoux superbes, argent, objets d’art, dix mille chevaux, quatre cents canons, etc font partie du butin qui fut réparti entre les Confédérés. La mort dans l’âme, Charles retourna dans le Franche-Comté.

Le premier acte de sa chute fut accompli.

La bataille de Morat

Le duc de Bourgogne voulait une revanche et le Hardi devint le Téméraire. Ses pertes en hommes n’étaient pas considérables et il reconstitua une nouvelle armée qu’il passa en revue dans les plaines de Vidy (14 mars 1476) avant de partir pour Morat devant laquelle il met le siège. L’artillerie du duc était puissante, les murailles de la ville peu solides et surtout la population de Morat était mécontente d’avoir été conquise par Berne et Fribourg. Berne confia au loyal et vaillant Adrien de Bubenberg la défense de Morat. Dès le 11schilling_battle_morat juin, l’armée du duc fit tonner ses cannons contre les murailles mais pendant 12 jours, la garnison résista aux assauts. Une armée de trente-cinq mille Confédérés arrivèrent pour faire face à environ cinquante mille Bourguignons. La bravoure des Suisses était bien connue, ce qui explique l’épouvantable massacre de quinze à vingt mille morts du côté des Bourguignons. Bubenberg, défenseur de la ville, fit une sortie énergique contre les Lombards du duc, dont un grand nombre périt dans le lac de Morat. L’infortuné Charles-le-Téméraire s’enfuit vers le Franche-Comté. Il mourut lors de la bataille de Nancy en 1477.
Berne, plus que jamais, désirait étendre sa domination sur le Pays de Vaud. Les victoires de Grandson et de Morat consolidait sa puissance, et le 24 juin le Conseil écrivait aux chefs de l’armée :

La paix et la sécurité de Berne dépendent de la possession du Pays de Vaud.


"Les autres cantons confédérés virent d’assez mauvais œil la prépondérance bernoise et le roi Louis XI n’était point décidé à laisser ainsi les Suisses s’emparer des biens bourguignons ou savoyards. Une suspension d’armes fut décrétée et un congrès européen se tint à Fribourg. Le 12 août 1476, un traité fut signé par lequel Berne et Fribourg gardaient Morat, quelques villes sur le lac de Bienne, Aigle, Ollon, Bex, les Ormonts, Orbe, Echallens et Grandson. Le duc Philibert de Savoie dut payer trois millions de francs pour frais de guerre. Genève fut rançonnée à vingt-quatre mille écus d’or."
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