1267 – 1285 Les successeurs de Pierre de Savoie

Philippe de Savoie – Le grand interrègne – Rodolphe de Habsbourg, empereur – Consécration à la cathédrale de Lausanne, par le pape Grégoire X – L’empereur y assiste – Débuts pacifiques du règne – A Lausanne, Philippe de Savoie ranime les anciennes haines du Bourg et de la Cité – Rodolphe rentre en Suisse et marche contre Philippe – Siège de Morat – Mort de Philippe de Savoie

 
Si Pierre de Savoie s’était montré ambitieux d’agrandir sa maison, Rodolphe de Habsbourg paraissait nom moins désireux de s’imposer à l’Helvétie romande et de reconquérir ce douaire de la comtesse de Kybourg, auquel, après la défaite à Chillon, il avait dû renoncer.
Philippe, frère de Pierre, avait donc été reconnu comme successeur du Petit-Charlemagne. D’abord homme d’église, son élection à l’évêché de Lausanne causa, nous l’avons dit, cette lutte sanglante qui aboutit au traité d’Evian et laissa le siège épiscopal à Jean de Cossonay. Investi depuis de plusieurs charges et bénéficies ecclésiastiques, il y renonça à 1267, lors Pierre, écrivant son testament, le désigna comme successeur.
Dès son arrivée au pouvoir, Philippe eut à repousser les attaques de Rodolphe de Habsbourg, lequel, profitant d’une vacance du trône impérial, porta ses armes contre un des alliés de Savoie, Henri de Neuchâtel. Mais il était écrit que Rodolphe ne vaincrait pas en Helvétie romande ; il fut défait par Philippe. On pouvait croire à l’installation définitive et solidement assise de la maison de Savoie en Pays de Vaud, lorsqu’un fait politique imprévu remit tout en question.
 
Rodolphe de Habsbourg Empereur
Le Saint-Siège, désireux d’avoir un empereur à sa dévotion, propose d’élire Rodolphe de Habsbourg empereur. La promotion du chevalier argovien fut accueillie avec enthousiasme dans toute l’Helvétie allemande, mais jeta la consternation parmi les partisans de Philippe qui voyaient nettement la prépondérance de la Savoie diminue tandis que grandissait la puissance de Rodolphe.
Celui-ci vint à Lausanne pour assister à la consécration, par le pape Grégoire X, de la superbe cathédrale que l’évêque Jean de Cossonay avait fait réparer après le terrible incendie de 1235. La cérémonie qui eu lieu en automne 1275, fut merveilleuse de luxe et de majesté. Le pape était accompagné de sept cardinaux, de dix-sept évêques et d’une multitude d’autres ecclésiastiques. Les fêtes durèrent vingt jours, pendant lesquels les somptuosités ruineuses se succédèrent pour ainsi dire sans interruption. Philippe de Savoie, on le comprendra, s’abstint d’y paraître.
Et, cependant, Rodolphe, au début de son règne, sembla plutôt disposé à oublier la maison de Savoie et les anciennes querelles suscitées par l’héritage de Kybourg. Il avait, d’ailleurs assez à faire à réprimander une insurrection éclatée en Autriche, tandis qu’il festoyait à Lausanne. Philippe profita alors des embarras de l’empereur pour susciter des ennemis à l’évêque ; il ralluma les vieilles haines de la rue de Bourg contre la Cité et y réussit. Les bourgeois attaquent l’évêque et l’expulsent de la ville. C’est le signal d’une guerre civile entre partisans de l’évêché et partisans de Savoie, et tandis que la lutte ensanglante le Pays de Vaud, Philippe parvint à soulever contre l’évêque de Bâle quelques seigneurs voisins, entre autres les comtes de Bourgogne. Trop faibles pour résister, ces eux prélats invoquent alors le protectorat impérial et le secours de Rodolphe qui, ayant rétabli l’ordre en Autriche, lève quelques troupe et se dirige sur la Franche-Comté, conclut la paix avec les comtes de Bourgogne, puis revint sur ses pas et marche contre Philippe. Il s’empare successivement de Gumminen, de Laupen, de Fribourg et met le siège devant Morat qu’occupait l’armée savoyarde.Ce siège faillit être fatal à l’empereur qui, assailli par une sortie d’assiégés, fut précipité dans le lac. Un de ses chevaliers le tira d’un position si critique, mais Rodolphe, blessé, dut abandonner le commandement et retourner à Fribourg.
Morat se rendit bientôt. Les troupes impériales vinrent alors assiéger Payerne et cette ville, après un long investissement, eut à coup sûr succombé, si le pape Martin IX et la veuve de saint Louis ne fussent intervenus. Des délégués de Rodolphe et de Philippe se rencontrèrent à Lausanne et, à la suite de conférences nombreuses, conclurent un traité de paix par lequel la Savoie cédait aux Habsbourg, Morat, Gumminen et l’avouerie de Payerne (1283).
Deux ans plus tard, Philippe de Savoie mourait (1285), laissant la souveraineté de ses états à Amédée V, second fils de son frère Thomas, comte de Flandre et constituait pour Louis, troisième de ses neveux , une Baronnie de Vaud, formée de villes et de fiefs disséminés dans le Pays de Vaud.

 

Carte de la Savoie - Suisse

Cathédrale de Lausanne

Cathédrale de Lausanne

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